Ata Kak ou le Miracle d'une Cassette

Mis à jour : 9 nov. 2018



L'histoire du rappeur ghanéen Ata Kak est le genre de récit qu'on voudrait lire plus souvent : Découvert par le digger du label Awesome Tapes From Africa (Brian Shimkowitz) qui achète sa cassette sur un marché à Cape Coast, sa musique addictive a depuis conquis la planète.

Le travail de Brian Shimkowitz sur Awesome Tapes From Africa est colossal. C'est depuis 2006 qu'il a démarré cette exploration musicale poussée jusqu'à l'extrême, avec des ré-éditions qui se trouvent être des purs joyaux.

On pourrait comparer Brian Shimkowitz à un personnage de film comme Indiana Jones. On l’imagine traverser les contrées du Ghana sur une moto bon marché, à la recherche de trésors perdus. C’est en 2002 que les souhaits de cet explorateur se sont exhaussés en fouinant dans un marché de rue à Cape Coast, sur la côte sud du Ghana. Ainsi il trouva la cassette d’un certain Ata Kak. À l’époque, il écrit sur son blog “You may never hear anything like this elsewhere”.

En 2011, lorsqu’il officialise Awesome Tapes From Africa en tant que label de production il tente de retracer ses artistes favoris afin de leur offrir une nouvelle chance d’enregistrer. De Los Angeles au Ghana jusqu’en Allemagne et au Canada, il finit par retrouver Yaw Atta-Owusu aka Ata Kak, 25 ans après la sortie de son album. Accompagné de nouveaux musiciens, le ghanéen a même commencé une tournée par la suite et ses performances ont été acclamées dans les plus grands festivals.Vous n’avez surement jamais entendu quelque chose de la sorte, Brian Shimkowitz n’est pas du genre à raconter des salades, faites lui confiance. Avec des emprunts au highlife, à la funk, « Obaa Simaa » relève vraiment de l’expérimentation. Celle d’un ghanéen qui arrive au Canada et se lasse de jouer dans des groupes qui reproduisent les covers des tubes de l’époque. Sans moyen ni producteur, il s’aventure seul dans des essais plus électroniques et se met à rapper par dessus. L’album sera pressé en cassette, mis en vente, mais ne marchera pas tellement à Toronto. Il faudra compter sur un export dans son pays d’origine, sur l’ironie du sort et un chineur d’exception pour que 20 ans plus tard soit ré-édité et pressé à plus de 4 reprises tellement la demande reste forte.


Atak Kak (Biographie) Né le 29 septembre 1960 à Kumasi au Ghana, Atta-Owusu (alias Ata Kak) ne semblait pas prédestiné à la musique. Après ses études il aide son père à tenir un bar au Kumasi Golf Club avant de partir en Allemagne rejoindre sa femme. Il y prend des cours d’Allemand et espère rejoindre l’université, mais sa femme tombe enceinte d’un premier enfant, Kevin, et il se met à travailler dans les champs, comme professeur d’anglais...

Dans le même temps il écoute Stevie Wonder, The Staples Singers, Michael Jackson… Il apprend la musique sur le tard et devient, par hasard, batteur de batterie dans un groupe de reggae. Atta décolle pour Toronto en 1989 où il joue dans un groupe de highlife, Majirata, qui sortira trois albums. Il donne également des cours de musique à l’église et travaille en tant que chef cuisinier.

Vers la fin de l’année 1991, il commence l’écriture de ses propres morceaux. Sentant que son groupe ne serait pas à l’aise avec ses compositions et n’ayant pas l’argent pour financer un studio, il assemble du matériel pour les enregistrer chez lui, avec l’aide de son ami Yanson Nyantakye...

Source : Awesome Tape Bio & Pinata Mag

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