Hindi Zahra, l'Artiste du Jour



A trente ans, Hindi Zahra n’est ni une star académique, ni une étoile filante du jazz vocal. Chez elle, la musique, c’est une histoire de famille, le roman de sa vie. Celle d’une Berbère née au Maroc. Un père militaire et une mère au foyer, comédienne à ses heures et chanteuse reconnue au village, et puis des oncles musiciens, branchés par la scène post-psychédélique du Maroc d’alors. Elle grandit ainsi, à l’écoute des divas du raï et du châabi, façon Rimitti, et divas égyptiennes, genre Oum Khalsoum, entre musique traditionnelle berbère et rock’n’roll du bled, mais aussi non loin du blues malien du grand Ali Farka Touré et de la folk sensuelle d’Ismaël Lo. Avant de traverser la Méditerranée pour rejoindre son père à Paris.


Du style au piano et des idées au stylo, Hindi Zahra y creuse un sillon original, une bande-son finement agencée, entre ballades soul-folk-jazz où affleurent ses origines sud marocaine, à la frontière de la culture noir. Là d’un trait de bendir, ici d’une ligne de basse ganoua, plus loin d’un texte en berbère comme sur “Imik Simik”, « Petit à petit ». Ce titre lui colle à la peau. Petit à petit, cette touche-à-tous les instruments s’est construite, sans faire de bruit, à l’ombre de l’éphémère gloire, plus près de l’authenticité. Celle dont parle ses textes, des histoires « d’amour, toujours » mais aussi la vie des gens, « tout simplement


Cinq ans se sont écoulés entre la sortie de Handmade, le premier album de Hindi Zahra et son nouvel album Homeland, et cela valait la peine d’attendre ! Son premier album avait rencontré un tel succès qu’elle est restée longtemps en tournée, sur la route des festivals dans le monde entier. Ensuite, il fallait le temps du repli, de la solitude et de la recherche pour composer ce deuxième opus tout aussi réussi que le premier. L’émotion de la rencontre, la plongée dans l’inconnu, le métissage, le goût de l’altérité…

Hindi Zahra nous raconte inlassablement la même histoire : celle de la bohémienne voyageuse qui emprunte les routes du monde pour aller à la rencontre de l’autre. Et pourtant l’album s’intitule « Homemade » car pour le réaliser Hindi Zahra est revenu à la source, à l’origine, dans son Maroc natal, sur cette terre d’Afrique qui lui est chère.


Pour composer « Homeland », Hindi Zahra s’est installée à Marrakech où elle a travaillé avec Rani Khrija un grand percussionniste marocain qui collabore régulièrement avec Sting et Stevie Wonder et qui tourne avec Prince. Avec lui, elle a exploré les rythmes et les genres, c’est d’ailleurs sa marque de fabrique. Elle nous a habitué dès son premier album à mêler le jazz, les rythmes du flamenco et de la musique cap verdienne aux percussions africaines, le tout sous l’influence de la musique gnawa, une musique née au Maroc du temps de l’esclavage.


« Je viens d’un peuple mélangé, le Maroc de par sa situation géographique est un carrefour. Ce sont les lieux de métissages qui m’inspirent, comme le Cap Vert, Cuba… J’aime faire vivre des musiques différentes sur un même disque. » voilà ce qu’elle en dit.

Hindi Zahra fabrique une pop universelle, elle est l’incarnation de la chanteuse « cosmopolite »… Hindi Zahra est née dans une famille de nomades et de musiciens pour elle cette enfance si particulière est une source d’inspiration intarissable.


Son père est touareg, issu d’une tribu nomade de Mauritanie, il a choisi d’être militaire pour conserver ce mode de vie. Il est polyglotte, a vécu en Italie, en France, parle l’anglais et le français en plus de l’amazigh et de l’arabe. Il a transmis à sa fille une éducation à la traversée entre les cultures et les langues. Aujourd’hui, Hindi Zahra chante en berbère, en arabe, en anglais et en français, et passe naturellement d’une langue à l’autre dans un même morceau.


source : http://www.radioneo.org/

http://www.francemusique.fr/

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