Fakear, génie de l’Électro



Après deux ans à faire parler de lui avec de merveilleux EP et des sets mémorables, Fakear, jeune musicien électro, sort son premier album, Animal, chez Mercury, le plus puissant label d’Universal. De l’autre côté de la Manche, c’est le label ultra-branché Ninja Tunes qui gère la sortie du disque. La chanteuse M.I.A. lui a commandé un morceau, aussitôt livré. Et on imagine facilement que plusieurs pop stars américaines vont bien vite décrocher leur whatsapp pour contacter Fakear.

Le jeune homme observe tout ça avec recul du haut de ses montagnes suisses où il s’est installé depuis quelques mois « pour raisons sentimentales » dans un village de « 500 âmes à peine ». La trajectoire et le tempérament de Théo Le Vigoureux, alias Fakear, dénote dans le paysage des musiques électroniques.


A Caen le succès

Avant la Suisse, le Caennais Fakear vivait à Paris. Montée à la capitale pour réussir, comme tout le monde ? Pas du tout. « Je suis venu à Paris pour reprendre des études et c’est à ce moment-là que ça a commencé à marcher pour moi à Caen. J’ai gagné un tremplin au Cargo, la salle de Caen. Je faisais des allers-retours. »

Autre lieu commun soigneusement évité par Fakear dans sa trajectoire : il a construit son succès petit à petit. « Je suis fier que Fakear n’ait pas commencé par un buzz Soundcloud ou YouTube. Tout a grossi en même temps, le live et les EP. Ça colle bien avec ma personnalité. »

Même pas drogué à la tech

Exilé en Suisse par amour (pour une jeune femme, pas pour le gruyère, encore qu’il aime beaucoup le gruyère, ce fromage suisse qui se reconnaît à son absence de trous), Fakear ne regrette pas Paris ni sa scène musicale en plein renouveau. « Le monde de la nuit ne m’a jamais trop botté. On a les mêmes agents, les mêmes réseaux mais je ne vais jamais en club pour le plaisir. Après mon set, je vais toujours me coucher assez rapidement. Je suis casanier, j’aime bien être chez moi. »

Le jeune homme confesse même n’avoir jamais été trop attiré par la drogue. Pire, il refuse de verser dans la geek attitude qui sied à tant de musiciens électro. « Comme tous les musiciens, ou artistes en général, j’ai besoin de contraintes. A un moment, il faut savoir arrêter de chercher des samples et des sons et travailler avec ce qu’on a. Ce qui compte pour moi, c’est le morceau. Quand j’ai un morceau, je n’y reviens plus. Dans ma composition, j’ai toujours cherché à limiter l’aspect geek,les heures passées à bidouiller les sons de mille et une manières. Quand j’ai un son qui me convient, j’arrête de toucher la tessiture ou les effets, et j’applique ce son à un morceau. »


Un bon sample, c’est sacré

Lors de son installation en Suisse, le jeune homme a passé cinq mois sans internet. « Dans la maison, qui est un corps de ferme,le réseau ne passe plus. Je devais aller dans les cafés du coin pour avoir internet. Cette méthode remettait l’intention au centre du processus créatif, ça resacralise la recherche de samples. » On retrouve la même quête de sens dans son rapport à la scène : « Je veux que les gens sachent ce qui se passe, qu’ils ressentent les ficelles. Les instruments électroniques sont des instruments comme les autres, qui demandent de la dextérité, une connaissance technique et de la sensibilité. Leur pratique pourrait être enseignée en conservatoire. »

Avec le succès annoncé de ce premier album, Fakear est déjà tourné vers la suite. Après la tournée, il prendra une longue pause pour un voyage en couple en Asie du sud-est. « J’ai choisi de travailler sur moi-même pour me renouveler. Je ne compte pas sur mes machines ou sur les samples pour trouver quelque chose à dire en musique. Je veux faire une musique émotive. Cet album, il est inspiré par l’amour que j’ai trouvé. J’ai avancé dans ma façon de m’exprimer. Et j’espère que ce sera toujours le cas. Là, j’ai l’ego gonflé à bloc. Je suis curieux de voir comment je vais gérer ça. »


Auteur: Benjamin Chapon ; Source: www.20minutes.fr

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